Dr Daniel Gloaguen - Mise à jour : 01/09/2005 retour

On estime à une centaine par an le nombre de décès dus à ce gaz inodore et incolore issu de chauffages défectueux ou mal réglés ou encore de cuisinières. Le monoxyde de carbone est la première cause de mortalité par intoxication en France. L’intoxication oxycarbonée n’est pas une fatalité. De simples mesures de prévention permettent d’éviter le pire.
En France, l’intoxication au CO est fréquente puisqu’elle concerne environ 6 000 personnes chaque année, pour environ 300 décès. Et pour cause, les sources d’intoxication par le CO sont nombreuses et diverses : chauffages défectueux, cuisinières, chauffe-eau au gaz de ville et – à moindre degré – au gaz naturel, poêles à bois ou à charbon, installations agricoles, industries minières, hauts-fourneaux, incendies en lieu clos ou tout simplement gaz d’échappement des voitures et fumée de cigarettes ! Le CO, inodore, incolore et très diffusible, est dû à la combustion incomplète, par manque d’oxygène, des gaz brûlés. Une conséquence s’impose : mieux vaut ne pas isoler à outrance une pièce chauffée, en obstruant volontairement les aérations par exemple.
L’intoxication oxycarbonée est bien souvent trompeuse et peut se manifester de façons variées. Le coma d’emblée est toujours possible ! Paradoxalement, les difficultés respiratoires sont plutôt tardives et inconstantes. En réalité, ce sont surtout les céphalées et les nausées qui doivent mettre la puce à l’oreille. Des vomissements, vertiges, bourdonnements d’oreille, une faiblesse musculaire, des malaises, des troubles de comportement ou une coloration rouge vif de la peau doivent également vous alerter.
Les mesures de prévention sont essentielles :
N’hésitez pas à consulter un médecin devant un mal de tête persistant en présence de telles sources potentielles. Enfin, en cas d’intoxication, il faut sortir du local ou évacuer la personne, ouvrir les fenêtres et éviter de respirer soi-même, arrêter la source de CO et appeler le 15, le 18 ou le 112.

"Le Quotidien du Médecin",
n° 7001 du 2 novembre 2001
"Le Généraliste",
n° 2088 du 30 janvier 2001