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« Mes reins, j’y tiens ! »

Anne-Sophie Prévost - Mise à jour : 02/02/2009 retour

Près de trois millions de Français de tous âges ont les reins malades. Mais la plupart l’ignorent car les maladies rénales sont en général invisibles jusqu’à un stade très avancé. Explications…

Les reins, des organes « discrets »

Les reins souffrent parfois en silence. En effet, ces organes sont capables de fonctionner avec seulement 20 % de leurs capacités. Gros comme le poing et situé de chaque côté de la colonne vertébrale en dessous du diaphragme, chaque rein recèle près d’un million de néphrons. Ces minuscules canaux filtrent les déchets toxiques transportés par le sang qui sont ensuite éliminés par les urines. Outre ce travail de nettoyage assuré 24 h/24, les reins régulent les quantités d’eau et de minéraux (sodium, potassium…) dont l’organisme a besoin. Enfin, les reins fabriquent des enzymes, des vitamines et les hormones intervenant dans la production des globules rouges (EPO), la régulation de la pression artérielle (rénine) ou la formation des os (calcitriol).

La maladie rénale

Calculs, infections urinaires à répétition, maladies génétiques, hypertension artérielle, diabète, absorption de substances toxiques (médicaments ou produits chimiques)… peuvent abîmer les reins et entraver leur bon fonctionnement. L’organisme est alors empoisonné par des déchets mal éliminés. Les symptômes (œdèmes, pression sanguine augmentée, production d’hormones diminuée, anémie, affaiblissement des os, etc.) passent souvent inaperçus et les lésions sont irréversibles si le diagnostic est trop tardif. L’insuffisance rénale chronique correspond à une destruction progressive et irrémédiable des néphrons.

Les traitements de suppléance

À un stade avancé, quand le rein dispose de moins de 15 % de ses capacités, un traitement de suppléance devient inévitable : la dialyse (l’élimination mécanique des déchets et de l’excès d’eau contenus dans le sang) ou la greffe. Parmi les insuffisants rénaux arrivés à un stade terminal, vingt-cinq mille sont greffés et trente-cinq mille dialysés. « C’est une des maladies qui détériore le plus la qualité de vie même si la tolérance de la dialyse s’est beaucoup améliorée », commente le Dr Sylvie Mercier. Nous savons que les reins, organes indispensables à l’équilibre général, fonctionnent de moins en moins bien avec l’âge. « Nous pourrions éviter 10 % des insuffisances rénales terminales et en repousser l’échéance pour 30 % des malades, ce qui n’est pas neutre », conclut le Dr Mercier.

 

Dr Sylvie Mercier,
vice-présidente de la Fédération nationale d'aide aux insuffisants rénaux (FNAIR)

Fédération nationale d’aide aux insuffisants rénaux (FNAIR)
www.fnair.asso.fr ou www.semainedurein.fr